Depuis quelques semaines, nous zoomons, teamsons, skypons, meetons.

Le sentiment est presque unanime: “C’est pas pareil”, “Vivement que l’on se revoie en vrai”. Comme si le fait de voir quelqu’un à travers un écran lui enlevait sa réalité, son existence.

Pourtant, nous nous voyons et nous nous entendons, même si ce n’est pas avec la même finesse.

Mais alors, que nous manque-t-il?

Michel Onfray aime dire que Platon a classé les sens en deux groupes. Les nobles (vue et ouïe) sont éthérés, sans substance; nobles parce que comparés à l’âme, belle et pure. Les ignobles (l’odorat, le goût, le toucher) sont en revanche directement liés à notre matérialité, basse et sale: l’odorat provient du corps, le goût pénètre le corps, le toucher est le corps.

Mais alors, que nous manque-t-il, dans nos visioconférences?

Le corps.

Son odeur, sa présence perçue, la possibilité de le toucher. La distanciation sociale nous rappelle que nous sommes incarnés dans un corps qui a besoin de s’exprimer.

C’est la revanche des sens ignobles sur les nobles, d’Epicure sur Platon.

La prochaine fois que vous verrez une personne en vrai et que vous pourrez vous approcher, reniflez-la, cela vous fera du bien

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