stocksnap-tunnel

Former pour transformer, vraiment?

Former pour transformer?

La phrase sonne bien: “former pour transformer”. Avec en prime un jeu de mot porteur de sens, que demander de mieux?

Pourtant, il y a un doute: un formateur peut-il transformer qui que ce soit? Un formateur peut-il faire passer un participant du statut d’observateur passif à celui d’acteur de son changement? Un formateur peut-il faire changer un comportement acquis au travers de centaines voire de milliers de répétitions avec un ou deux jours de formation?

C’est possible…

La science semble dire: “Oui!”. Le concept de plasticité neuronale le montre, et notre expérience le démontre: nous sommes capables d’apprendre et de changer certains comportements.

La psychologie semble acquiescer. La foultitude de méthodes d’analyse et de thérapies découvertes, testées et mises en place ces cent cinquante dernières années est là pour le prouver.

… mais pas garanti

Pourquoi ce doute, alors?

Mon expérience de formateur me montre que certaines conditions doivent être remplies pour que le changement puisse être décidé et exécuté. Notez que je n’ai pas dit: “pour que le changement puisse se faire”; cette formulation trop passive ne convient pas à l’expression d’une de mes convictions: pour changer, je dois le vouloir et agir en conséquence; je dois décider de ce que je veux changer, me mettre en condition de le faire, acquérir le nouveau comportement, le vivre positivement, le répéter pour enfin le transférer de ma vie de tous les jours et le rendre inconscient. Il y a certainement une quantité d’ouvrages sur la question, mais je voulais poser ce processus pour montrer ses principales faiblesses: 1. Prise de conscience: quand et pourquoi est-ce que je décide de changer? Qu’est-ce qui provoque cette étincelle? D’où vient-elle? 2. Transfert: comment est-ce que je peux rendre ce nouveau comportement inconscient?

J’ai déjà vécu la triste expérience de rencontrer un participant à un de mes cours qui, pourtant motivé à changer et très enthousiaste à la fin de la formation, démontre le même comportement qu’avant. Au-delà du fait que la formation et le formateur peuvent certainement être mauvais, la question demeure: pourquoi n’a-t-il pas changé? Qu’aurait-il pu faire de différent pour y arriver? Qu’aurais-je pu mettre en place pour l’y aider?

Augmenter la probabilité de succès

Vivre une expérience difficile est certainement une des manières les plus connues pour provoquer la prise de conscience, pour autant que la personne soit en état de faire l’autocritique nécessaire au déclenchement de la volonté de changer (“C’est pas faute…”). Répéter le nouveau comportement appris est certainement une manière de l’acquérir et de le rendre inconscient, mais encore faut-il que la personne veuille se donner le temps et les moyens de mettre cette répétition à l’œuvre. Il semble donc y avoir un double mouvement “Conscience – Volonté”: d’abord, je prends conscience de la nécessité de changer et je décide de changer; ensuite, je prends conscience de la difficulté du changement à opérer et je décide de mettre les moyens pour y arriver.

Le premier mouvement est relativement facilement réalisable pendant la formation: jeu de rôle, analyse d’expérience vécue, autoscopie, etc. Pour autant que faire se peut, je l’intègre déjà à mes formations. En revanche, est-ce que le fait de passer du temps en fin de formation à discuter et mettre en place un plan d’actions pour concrétiser le deuxième mouvement apporterait quelque chose? Faut-il tempérer l’ardeur optimiste propre à beaucoup de fins de formations pour avertir des embûches à venir?

Affaire à suivre…

Partagez cet article