Episode 71 // Ma légitimité de chef-fe

La grande question est de savoir d’où vient ma légitimité de chef. La plupart des personnes que je rencontre semblent penser que cette légitimité provient essentiellement d’une connaissance large et profonde du métier des membres de l’équipe.

Assurément, pour faire un bon travail de chef, il est nécessaire de connaître, par expérience et dans le détail, les tâches qui sont effectuées quotidiennement par ses collaborateurs.

Il faut avoir fait le travail soi-même pour pouvoir
• Apprécier sa difficulté,
• Mesurer le temps qu’il faut pour l’effectuer,
• Evaluer l’effort nécessaire,
• Comprendre le travail.

Quand quelqu’un dit cela, je grimace intérieurement.

Je pense exactement le contraire.

6 raisons:
– Autres sources de légitimité
– Le travail ne se résout pas à la tâche
– La tentation du micro-management
– La tentation du contrôle permanent
– La tentation de faire à la place
– Le piège de l’expérience personnelle

Autres sources de légitimité:
– Expérience du métier
– Soutien hiérarchique
– Maniement de la conséquence
– Charisme personnel
– Exemplarité

Le travail ne se résout pas à la tâche
Quand je dis “faire du bon travail”, est-ce que j’entends “effectuer une tâche à satisfaction”?
Oui, mais pas que. Et la manière? Et les relations qui permettent l’aide, la collaboration, le soutien?
Or dans ces dimensions, le fait de l’avoir vécu soi-même ne permet pas de se mettre à la place du collaborateur et de le comprendre!

La tentation du micro-management
Si je connais, par expérience et dans le détail, les tâches qui sont effectuées quotidiennement par mes collaborateurs et collaboratrices, j’aurai le sentiment de savoir ce que ces personnes vivent et donc envie de leur dire comment faire pour bien faire.

La tentation du contrôle permanent
Si je connais, par expérience et dans le détail, les tâches qui sont effectuées quotidiennement par mes collaborateurs et collaboratrices, j’aurai envie de voir si mes collaborateurs auront fait comme moi puisque je suis convaincu que ce que j’ai fait par le passé sera bon pour elles – après tout, je suis une bonne collaboratrice puisque j’ai été promue! Donc j’aurai envie de contrôler le travail effectué avec autant de détail que ma connaissance du métier le permet.

La tentation de faire à la place
Si je connais, par expérience et dans le détail, les tâches qui sont effectuées quotidiennement par mes collaborateurs et collaboratrices, j’aurai vite l’envie de faire avec, ou, pire, de faire à la place.

Le piège de l’expérience personnelle
Si je connais, par expérience et dans le détail, les tâches qui sont effectuées quotidiennement par mes collaborateurs et collaboratrices, j’aurai l’illusion d’avoir une vue globale et un bon échantillon de ce que vivent mes collaborateurs.

Et alors?
Remplacer cette croyance en la toute-puissance de la connaissance large et profonde du métier des membres de l’équipe par:
– Du questionnement, de la curiosité
– De la confiance

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