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Le travail en équipe, mode d’emploi – Partie 3: la coordination

Dans les deux premiers articles de cette série sur le travail en équipe, je reprends le modèle proposé par des chercheurs de l’Université de Central Florida qui donne neuf facteurs à prendre en compte afin de favoriser et de maintenir le travail en équipe.

Le premier de ces facteurs est la coopération. Le deuxième est la coordination. Selon leur définition, la coordination est la promulgation de mécanismes comportementaux nécessaires à l’accomplissement d’une tâche, c’est-à-dire à la transformation des ressources de l’équipe en résultat. C’est donc un des trois états émergents qui identifient une équipe qui travaille “en équipe” (teamwork).

Favoriser la coordination

Coordonner une activité, c’est orchestrer une séquence et le timing d’une série d’actions indépendantes: il faut aligner les connaissances avec les tâches, définir qui fait quoi, quand, comment et avec qui. La coordination peut être explicite, grâce à une communication active ou à une planification pré-établie; elle peut aussi être implicite dans le cas où l’équipe anticipe et ajuste de manière dynamique son comportement collectif, sans être dirigé.

Cette coordination, qu’elle soit explicite ou implicite, implique l’utilisation de routines et la distribution de responsabilités d’exécution des différentes tâches. Un premier résultat d’une méta-analyse de 93 études est que la coordination interne à une équipe est liée à une meilleure productivité qu’une coordination externe (par exemple: tâches coordonnées par le chef). Quand la tâche à effectuer demande l’implication de plusieurs équipes, l’effet est encore plus fort: l’équipe est plus efficace quand elle coordonne ses activités elle-même, sans intervention extérieure.

Pratiquement parlant

En pratique, la coordination peut être encouragée de la manière suivante:

  • Les rôles et compétences de chaque membre de l’équipe doivent être clarifiés afin de permettre une distribution plus dynamique des tâches
  • Le debriefing doit être utilisé systématiquement après chaque épisode de performance comme moyen d’améliorer en continu la coordination de l’équipe; des gains de performance allant jusqu’à 25% ont été notés dans les équipes qui utilisent cet outil
  • La communication entre les membres de l’équipe doit être améliorée, tant au niveau des tâches que des besoins de l’équipe, afin de flexibiliser au maximum l’attribution des tâches en fonction des exigences de l’entreprise et des capacités de l’équipe

Les deux premières actions de cette liste sont simples à mettre en place et ne nécessitent pas de compétences particulières. La troisième nécessite un peu plus de temps et d’efforts, surtout pour des environnements dans lesquels la communication n’est pas un standard de fonctionnement. Une approche sur la durée, partant de situations concrètes, permettra d’atteindre rapidement de bons résultats en la matière.

Dans le prochain article, je traiterai du facteur cognition.

Salas, E., Shuffler, M. L., Thayer, A. L., Bedwell, W. L. and Lazzara, E. H. (2015), Understanding and Improving Teamwork in Organizations: A Scientifically Based Practical Guide. Hum Resour Manage, 54: 599–622. doi:10.1002/hrm.21628

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