People hangout together at coffee shop

Le travail en équipe, mode d’emploi – Partie 4: la cognition

Dans les trois premiers articles de cette série sur le travail en équipe, je reprends le modèle proposé par des chercheurs de l’Université de Central Florida qui donne neuf facteurs à prendre en compte afin de favoriser et de maintenir le travail en équipe.

Le troisième facteur, après la coopération et la coordination, est la cognition. Selon leur définition, la cognition est la connaissance partagée par les membres de l’équipe qui résulte de leurs interactions. C’est donc le dernier état émergent qui identifie une équipe qui travaille “en équipe” (teamwork).

Favoriser la cognition (connaissance partagée)

Quelles connaissances les membres d’une équipe doivent-ils partager pour travailler en équipe? La liste n’est pas très longue:

  • Contexte de fonctionnement de l’équipe
  • Normes de fonctionnement de l’équipe
  • Objectifs de l’équipe
  • Qui fait quoi: rôles et compétences de chacun-e

Selon une méta-analyse récente citée par les auteurs, la cognition n’est pas seulement importante pour les processus de travail, mais aussi pour l’état affectif global de l’équipe; cela permet un lien avec l’intelligence collective dont je vous parle ici. De plus, la cognition a un impact important sur l’adaptabilité de l’équipe et la coordination implicite, facteur dont nous avons découvert l’importance dans le dernier article de cette série.

Au niveau des caractéristiques des membres de l’équipe pouvant influer sur la cognition, aucune surprise: l’expérience, le temps passé dans le poste et la similarité (dont nous avons parlé ici) sont importantes.

Pratiquement parlant

En pratique, la cognition peut être encouragée de la manière suivante:

  • Team-building et connaissance des personnes de l’équipe: un grand classique, mais il trouve une explication scientifique qui doit aider à justifier son utilisation (et donc son financement)
  • Debriefing systématique entre les membres de l’équipe afin d’apprendre les une-e-s des autres et d’affiner la connaissance des compétences, fonctionnement et normes du groupe
  • Formations croisées entre membres de l’équipe afin d’améliorer la compréhension des compétences des autres membres de l’équipe; on note une progression de la productivité de 12% à 40% (!) avec ce genre de formations

Un type particulier de debriefing appelé Guided Team Self Correction (“auto-correction guidée d’équipe”) permet d’atteindre l’objectif précité grâce à un animateur qui:

  • Assure une discussion focalisée sur l’auto-correction
  • Etablit un climat positif
  • Encourage et renforce la participation de chacun-e
  • Favorise le feedback constructif

Le Collective Learning va dans la même direction et peut être utilisé comme vecteur d’auto-correction.

Résumé intermédiaire

La coopération, la coordination et la cognition sont les trois états émergents qui indiquent qu’une équipe travaille “en équipe”.

Quelles actions favorisent l’émergence de ces états? Je vous en fais un résumé:

  • Organisation:
    • Favoriser les succès rapides pendant la création de l’équipe
    • Donner une autonomie à l’équipe sur ses règles de fonctionnement et l’implémentation de ses décisions
    • Utiliser le debriefing systématique
    • Organiser du team-building
    • Organiser des formations croisées au sein de l’équipe
  • Communication:
    • Faire partager les succès passés
    • Clarifier et partager les rôles et compétences des membres de l’équipe
    • Donner aux membres de l’équipes des outils de communication favorisant l’auto-régulation
    • Favoriser la communication entre les membres de l’équipe au niveau du suivi des tâches et de ses besoins

Dans le prochain article, je traiterai du premier processus à mettre en place, le coaching.

Salas, E., Shuffler, M. L., Thayer, A. L., Bedwell, W. L. and Lazzara, E. H. (2015), Understanding and Improving Teamwork in Organizations: A Scientifically Based Practical Guide. Hum Resour Manage, 54: 599–622. doi:10.1002/hrm.21628

Partagez cet article