Episode 78 // Room to think – introspection

En quête d’une réponse, un espace de réflexion est né avec des personnes issues de différentes entreprises et de divers contextes sociaux. Ce rapport est constitué des questions et des réflexions à ces questions ainsi que du résumé des interviews.

Notre attitude face à une normalité détruite est illustrée par l’art céramique séculaire « Kintsugi ». La rupture est un moment de notre vie, la réparation avec la couleur dorée montre la manière dont nous surmontons cet événement.

You can add up the parts
You won’t have the sum
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That’s how the light gets in

– Leonard Cohen

Pourquoi l’avons-nous lancé ?
Trouverons-nous un moyen de faire les choses différemment à l’avenir ? Comment rompre avec les traditions, les schémas ancrés ? Comment expérimenter sans être dépassé par la résistance ? Comment préserver son humanité en testant les limites ?

Ces questions sont notre motivation à échanger régulièrement avec des personnes qui nous inspirent. Nous sommes conscients que notre sélection n’est ni représentative ni complète. La diversité est nécessaire, car elle nous ouvre les yeux sur des solutions nouvelles et inattendues. Nous avons rapidement pris conscience que nous devions poser ces questions sur une plus longue période, peut-être davantage sous forme de dialogue que d’interview.

Revenons à Leonard Cohen, qui nous interpelle :

Forget your perfect offering
There is a crack in everything

Nous voulons suivre la lumière qui pénètre les fissures et les crevasses sans prétendre avoir une réponse définitive et ni proposer une « réparation ». Les médias regorgent de réponses, d’analyses, de chiffres et de statistiques. Cela ne correspond cependant pas à l’ensemble de la réalité.

Naissance d’un espace de réflexion
La série d’interviews a été initialement conçue dans l’idée de découvrir ce que les gens perçoivent et vivent dans leurs organisations, entreprises et institutions. Comment la crise se reflète-t-elle dans leurs manières de fonctionner ? Comment vivent-ils les changements et mesures soudaines, dont l’ampleur était encore inimaginable il y a peu de temps ? Dans quelle mesure les interdépendances entre culture, personnalité, objectifs, structure et processus sont-elles visibles ?

Au cours des interviews, il s’est révélé que les questions offraient un espace de réflexion à certains des interlocuteurs, un espace dans lequel ils pouvaient laisser court à leurs pensées et réfléchir sur la situation en dehors de leur organisation et réfléchir sur ce qu’ils ont observé en eux-mêmes, dans leurs employés, leurs partenaires commerciaux, leurs clients et dans leur environnement personnel.

Chapitre 1 Réflexion sur nous-mêmes

Notre individualité vécue n’est-elle qu’une illusion ?
Selon le Prof. Dr. Dirk Matten, professeur de Corporate Social Responsibility (Toronto, Université de York), nous ressentons et prenons à nouveau conscience du fait que nous dépendons les uns des autres et que malgré la distance sociale, nous sommes connectés et responsables les uns des autres. Et que nous ne pouvons pas y échapper.

En quoi cette connexion est-elle constructive, permet-elle le renouveau et la croissance ?
Ou est-elle destructrice, mortelle, menaçante et pathogène ?
Est-ce qu’elle crée pour les uns un gain et pour les autres une perte ?

L’interdépendance mutuelle et l’importance du contexte des phénomènes sont connues et discutées depuis longtemps dans la théorie générale des systèmes (von Bertalanffy). La nature rend parfois ces phénomènes clairement visibles, mais ils restent la plupart du temps invisibles.

Ce qui est nouveau dans cette crise, c’est qu’elle touche le monde entier. Le lien entre la biologie, la santé et l’économie, l’éducation, la culture, les systèmes politiques, l’art, la nutrition et bien d’autres encore devient désormais évident. Il n’y a ni région ni domaine dans lequel on puisse ignorer la pandémie. Nous ne pouvons donc plus agir indépendamment les uns des autres. Cette illusion est terminée. Le monde est désillusionné.

Dans cette crise, ne sommes-nous pas rejetés sur nous-mêmes en tant qu’individus ?
Qui suis-je et qui veux-je être ?
Comment façonner ma vie ?
Dans quelle mesure puis-je choisir librement ?

Ces questions sont adressées dans la même mesure aux organisations et aux entreprises :
Qui sommes-nous et que voulons-nous être ?
Quel est notre but, à quoi servons-nous ?
Guérir des gens, réduire la maladie ? Donner une vie agréable ?
Maximiser nos profits ?

Et aussi aux institutions religieuses et politiques :
Quelle est notre raison d’être ?
Les gens ont-ils (encore) besoin de nous ? Si oui, dans quelle mesure ?

Il est temps de réfléchir ensemble. Parfois dans nos rôles, mais surtout en tant qu’êtres humains. Réfléchir ensemble pour déterminer quelles sont les institutions dont nous avons besoin, quel est leur rôle.

Et quel est le nôtre.

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